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Héberger son propre serveur SMTP : le guide complet pour éviter la blacklist

 

Vous envisagez d'héberger votre propre serveur SMTP pour avoir le contrôle total de vos emails ? C'est une excellente idée… mais une idée risquée si elle est mal exécutée.

Dans ce guide, je vous explique comment mettre en place un serveur SMTP fonctionnel, propre et résilient sans finir blacklisté au bout de trois envois.

 

1. Les prérequis pour héberger votre propre serveur SMTP

 

Avant toute chose, il vous faut :

  • Un VPS ou serveur dédié, avec accès root (pas d'hébergement mutualisé)
  • Un domaine dédié aux envois (pas le même que celui du site principal)
  • Un MTA (Mail Transfer Agent) comme Postfix, Exim ou Mailcow
  • Un reverse DNS configuré (PTR record qui matche l’hostname)
  • Un peu de patience et de rigueur : la délivrabilité se mérite !

 

✅ Conseil : utilisez un sous-domaine spécifique, par exemple mail.domaine.com, avec un hostname aligné.

 

2. Configuration technique indispensable pour une bonne réputation

 

Voici la liste des enregistrements DNS que vous devez absolument prévoir :

  • SPF : inclut votre IP ou MTA dans une politique d'envoi
  • DKIM : signature cryptographique des messages, générée par votre serveur
  • DMARC : politique d’authentification et de reporting
  • PTR / Reverse DNS : le nom résolu par l’adresse IP de votre serveur doit matcher son hostname
  • MX : pointe vers le serveur SMTP pour le domaine d'envoi
  • A : résolution correcte de votre sous-domaine

 

✨ Pro tip : testez vos DNS avec MXToolbox ou dig, et validez l'alignement des identités.

 

3. Les erreurs fréquentes à éviter absolument

 

  • Envoyer des emails en masse sans warm-up
  • Utiliser une IP déjà blacklistée
  • Ne pas mettre de lien de désinscription
  • Utiliser des contenus spammys (caps lock, rouge, promesse miracle...)
  • Oublier d’authentifier vos messages correctement (SPF/DKIM)
  • Ne pas tester vos emails avant envoi (Mail-Tester, Litmus...)

 

🚩 Gmail vous teste sur vos premiers envois. S’ils sont mauvais : votre IP est grillée.

 

4. La stratégie de warm-up intelligente

 

Il est crucial de chauffer progressivement votre IP et votre domaine. Voici un modèle simple :

 

 

✅ Utilisez des outils de warm-up comme Mailwarm, Warmy ou faites-le manuellement avec des scripts.

 

5. Suivre votre réputation : les outils indispensables

 

  • Google Postmaster Tools : score domaine, taux de spam, reputation IP
  • Microsoft SNDS & JMRP : vue sur Outlook/Hotmail
  • Talos Intelligence : reputation Cisco de votre IP
  • Spamhaus, Barracuda, UCEProtect : vérification blacklist

 

⌚ Pensez à mettre en place un monitoring automatique (cron + API) pour être alerté en cas de blacklist.

 

6. Astuces bonus pour rester clean

 

  • Ajoutez un en-tête List-Unsubscribe
  • Fournissez un préheader text clair et engageant
  • Ne pas réutiliser un domaine ou IP qui a été maltraité dans le passé
  • Prévoir un plan de repli : relay SMTP externe ou IP secondaire

 

Conclusion

 

Mettre en place son propre serveur SMTP, c’est possible. Mais si vous partez sans stratégie ni rigueur, vous courrez droit vers les spams ou les blacklistes.

La délivrabilité, c’est un équilibre : technique, patience, bonne hygiène. Et un peu de karma.

Besoin d’aide pour valider votre setup ?

 

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