On pense souvent qu’un email part et arrive instantanément. Mais entre l’envoi et la réception, il se passe parfois des choses… inattendues. Et comme je suis un peu obsessionnel, j’ai voulu savoir ce qui ralentissait réellement mes envois.
Alors j’ai fait ce que tout bon curieux ferait : j’ai espionné mes propres emails. Voici ce que j’ai découvert.
Ce qu’on croit savoir… et ce qui se passe vraiment
Envoyer un email, c’est simple en apparence. Un clic, et il est “parti”. Mais ça ne veut pas dire qu’il est arrivé.
La vérité : un email passe par une chaîne technique complexe :
Le client (Thunderbird, script Python, ESP, etc.) envoie via SMTP
Le serveur d’envoi (MTA) tente de livrer au domaine cible
Résolution DNS, vérification antispam, réputation, greylisting
Si tout va bien, le mail est accepté. Sinon, il attend dans une file.
Entre le clic et l’arrivée dans la boîte, il peut s’écouler… de 2 secondes à plusieurs minutes. Parfois plus.
Mon protocole d’espionnage SMTP
Pour cette expérience, j’ai utilisé :
Mon objectif : mesurer le délai réel entre l’émission SMTP et l’apparition en boîte de réception.
Ce que j’ai observé
Gmail
Très rapide (souvent < 3 secondes)
Mais des pics de lenteur en heures de pointe (jusqu’à 10-15s)
Outlook (hotmail/live)
Greylisting fréquent → délais de 30s à 2 minutes
Antispam actif même sur des contenus simples
Yahoo
Très variable. Parfois rapide, parfois plusieurs minutes sans raison apparente
Domaine auto-hébergé
Si la réputation IP est bonne : rapide (5-10s)
Si la réputation est moyenne : parfois mis en attente (file d’attente postfix visible)
Ce qui cause réellement les retards
Greylisting : réponse temporaire 4xx pour tester si vous retentez
Antispam comportemental : contenu analysé en profondeur avant acceptation
DNS lent : lenteur dans la résolution du MX destinataire
File locale du serveur : surcharge, retry, politique de throtling
Blocage d’envoi sortant : parfois un problème chez l’émetteur (ex: quota dépassé)
Comment analyser vos propres délais
Espionner ses propres emails est non seulement fun (si, un peu), mais surtout formateur.
On croit tout savoir… jusqu’à ce qu’un délai inexpliqué vienne remettre en question notre infra.
Un bon taux de délivrabilité, ce n’est pas juste “le mail n’est pas revenu en erreur”. C’est aussi :
Où est-il arrivé ? (inbox ou spam ?)
Quand ? (en combien de secondes/minutes ?)
Et si ce “quand” commence à dériver, il y a un sujet.
Vous pouvez reproduire ce genre de test chez vous, ou me contacter pour auditer vos flux SMTP en conditions réelles.
📥 Bonus à télécharger :
📬 Script SMTP Delay Tracker (Python)
📄 Fiche PDF : Lire les en-têtes Received des emails

